Oubliez tout ce que vous pensiez savoir sur la dissolution d’une SCI : la réalité est souvent plus subtile, et plus coûteuse, qu’on ne l’imagine. Mettre officiellement fin à une société civile immobilière, c’est clore un chapitre juridique, échapper enfin à la paperasse comptable et fiscale, mais cela demande une série de démarches précises, jusqu’à la radiation du RCS. Pourquoi se lancer dans cette procédure ? Quelles étapes vous attendent ? À quel prix, vraiment ? Que faire si la SCI ne détient plus de biens ou que tout se fait en ligne ? Passons en revue les réponses concrètes, étape par étape.
Pourquoi dissoudre une SCI ?
Petit rappel sur la SCI
Gérer un bien immobilier à plusieurs grâce à la SCI, c’est éviter les pièges de l’indivision. Mais cette structure ne se contente pas de simplifier la gestion : elle impose aussi de nombreuses tâches récurrentes. Assemblées régulières, rigueur dans la comptabilité, rendez-vous avec le fisc… autant d’obligations qui pèsent avec le temps. Lorsque ces contraintes l’emportent ou que le projet collectif arrive à son terme, la dissolution reste l’unique issue pour tourner la page, légalement et de façon nette.
Des raisons multiples pour fermer une SCI
Différents scénarios peuvent mener à dissoudre une SCI ; l’article 1844-7 du Code civil en liste huit :
- Fin de la durée de vie de la société : les statuts fixent une échéance, et à l’expiration de ce délai, il faut choisir entre renouvellement ou dissolution. Le renouvellement doit être acté à l’unanimité, au moins un an avant le terme.
- Disparition de l’objet social : par exemple, vendre l’immeuble géré par la SCI met fin à son objet principal. Si la structure ne détient plus rien, la dissolution s’impose de fait.
- Nullité du contrat de société : en présence d’irrégularités au lancement de la SCI (mauvais consentement, objet illicite…), la dissolution devient obligatoire.
- Décision des associés : dissolution décidée volontairement, selon les modalités prévues par les statuts ou à l’unanimité. Souvent choisie en cas de conflits ou d’usure générale.
- Décision judiciaire à la demande d’un associé : lorsque la gestion s’enlise et qu’aucun consensus ne se dégage, le juge peut imposer la fin de la SCI, en particulier si un associé n’assume pas ses engagements.
- Possession de toutes les parts par une seule personne : une SCI ne peut exister qu’à partir de deux associés. Si, après une cession ou un décès, toutes les parts se retrouvent dans les mains d’un même individu, il y a six mois pour rétablir la pluralité, sous peine de voir la société dissoute par le juge.
- Difficultés financières graves : en cas de cessation de paiements, la liquidation judiciaire met fin à la société automatiquement.
- Survenance d’un événement prévu par les statuts : par exemple, la disparition d’un associé peut constituer un motif de dissolution inscrit dès le départ.
Dissolution volontaire ou de plein droit : quelle différence ?
Tout dépend de la cause : chaque scénario appelle sa procédure propre. Il est donc indispensable d’identifier le type de dissolution prévue :
- En cas de dissolution automatique (fin du terme, décision du juge, liquidation judiciaire), la liquidation suit immédiatement.
- Si les associés décident ensemble de mettre un terme à la société, il faut d’abord entériner la dissolution avant de passer à la liquidation. Cela implique plus de démarches.
Comment accomplir les formalités de dissolution d’une SCI ?
Trois façons d’agir pour dissoudre une SCI
Plusieurs méthodes permettent d’aller au bout des formalités, chacune avec ses implications :
- Tout gérer soi-même. L’option la plus économique, mais aussi la plus exigeante. Il faut tout coordonner sans erreur : un dossier incomplet ou mal ficelé repartirait à l’expéditeur, et tant que la radiation n’est pas actée, la SCI reste soumise à toutes les obligations fiscales et comptables.
- Payer un avocat. S’offrir les services d’un spécialiste, c’est gagner du temps et sécuriser chaque action, mais les honoraires peuvent vite alourdir l’addition.
- Passer par une plateforme en ligne. La procédure est encadrée, avec des tarifs souvent inférieurs à ceux d’un cabinet, mais le conseil personnalisé est absent. L’ensemble se fait à distance.
Dissolution de SCI en ligne : comment ça se passe ?
Grâce au numérique, la démarche devient plus fluide : formulaire à remplir sur la plateforme, génération automatique des documents nécessaires, construction du dossier, puis transmission électronique au greffe ou aux institutions concernées. Tout est suivi étape par étape, mais l’accompagnement reste standard.
Procédure de dissolution : les trois grandes étapes
La suppression effective d’une SCI suit un schéma bien défini, à suivre dans l’ordre :
- Remplir les formalités de dissolution volontaire, si tel est le cas.
- Réaliser la liquidation de la société.
- Demander la radiation de la SCI au Registre du Commerce et des Sociétés (RCS).
Étape 1 : Dissolution volontaire d’une SCI
Cette étape ne s’applique que si les associés agissent de leur propre initiative. Dissolution forcée ? On passe directement à la liquidation.
1. Décision en assemblée générale extraordinaire
La dissolution doit faire l’objet d’une assemblée extraordinaire, convoquée conformément aux statuts. En général, tous les associés doivent valider la décision. C’est aussi lors de cette réunion qu’un liquidateur est nommé, choisi parmi les associés ou en dehors. L’existence même de la dissolution et l’identité du liquidateur doivent être consignées dans un procès-verbal, à enregistrer aux impôts dans le mois suivant l’assemblée.
2. Publication dans un journal d’annonces légales
Un avis de dissolution doit paraître dans un support officiel du département du siège social.
3. Dépôt du dossier au greffe
Dans le mois qui suit la décision, il faut constituer un dossier comportant :
- Le formulaire M2 SCI en trois exemplaires, dûment complété et signé.
- Une copie du procès-verbal actant la dissolution.
- L’attestation de publication dans un journal d’annonces légales.
- Une déclaration de non-condamnation et un certificat de filiation du liquidateur.
Étape 2 : Liquidation de la SCI
Le liquidateur prend alors la main et agit pour clore définitivement la société. Sa feuille de route est claire :
- Résilier, si besoin, tous les contrats toujours en vigueur.
- Vendre les biens immobiliers restants.
- Régler toutes les dettes de la société.
- Distribuer le solde éventuel (le boni de liquidation) entre les associés selon leur quote-part.
Ces opérations validées, il soumet à l’assemblée la clôture des comptes de liquidation pour approbation.
Étape 3 : Radiation de la SCI
Puis vient le moment de mettre un terme légal et administratif à la société :
- Parution d’un avis confirmant la clôture de la liquidation dans un journal d’annonces légales.
- Dossier de radiation à déposer au greffe : formulaire M4 rempli, procès-verbal de liquidation, comptes définitifs, attestation de publication de la liquidation.
Cas particuliers liés à la dissolution
SCI sans actif : que faire après la vente des biens ?
Souvent, une SCI existe pour gérer des immeubles. Une fois les biens vendus, deux scénarios se présentent :
- La société détient encore d’autres actifs immobiliers : aucune conséquence immédiate.
- Plus aucun actif n’est enregistré : l’objet social s’évanouit, la dissolution s’impose et la liquidation doit suivre. La structure devient une « SCI vide ».
SCI familiale : mêmes règles, mêmes étapes
Qu’elle soit familiale ou non, la SCI est soumise aux mêmes règles et procédures, que la dissolution soit motivée par un blocage entre associés, une dette insurmontable ou une absence d’activité notable.
Combien coûte la dissolution d’une SCI ?
La démarche ne se limite pas à quelques papiers, et mieux vaut prévoir les frais suivants dès le départ :
- Publication de l’avis de dissolution dans un journal d’annonces légales : comptez entre 150 et 200 €.
- Enregistrement au greffe du tribunal de commerce : généralement moins de 200 €.
- Publication de l’avis de liquidation dans un journal d’annonces légales : de 150 à 200 € supplémentaires.
- Radiation de la société : environ 15 €.
À cela peut s’ajouter la rémunération du liquidateur et, selon la méthode choisie, des honoraires professionnels ou les frais d’une plateforme en ligne.
Foire aux questions
Que devient le bien immobilier lors de la dissolution d’une SCI ?
Le liquidateur vend les biens immobiliers encore détenus par la SCI. Le produit sert en priorité à couvrir les dettes. S’il reste un boni de liquidation, il revient aux associés en fonction de leurs droits. Parfois, un bien peut être transféré à un associé, sous réserve d’une compensation financière à l’égard des autres.
Comment dissoudre une SCI sans activité ?
Même pour une société en sommeil, il faut respecter à la lettre les trois phases : décision de dissolution, réalisation de la liquidation puis radiation administrative. L’inactivité ne dispense pas de la procédure complète.
Comment dissoudre une SCI vide ?
Quand la SCI ne détient plus d’immobilier, son objet social n’existe plus, et la loi impose la dissolution. Les formalités de liquidation puis de radiation sont alors nécessaires pour supprimer la société du paysage légal.
Fermer une SCI, ce n’est pas un simple passage administratif. À chaque étape, une page se tourne, jusqu’à ce que les dernières démarches laissent place au vide administratif et à la liberté d’imaginer autre chose. C’est là, sur le seuil, que la prochaine aventure commence.

