Le parcours bouleversant de Sekyiwa, la sœur de Tupac Shakur

Vingt-cinq ans sont passés, et pourtant le nom de Tupac Shakur continue de résonner, intact, traversant les générations sans jamais faiblir. Si l’héritage du rappeur, acteur et militant est resté aussi vivant, c’est en grande partie grâce à deux femmes de sa famille : sa mère, Adeni, et sa sœur, Sekyiwa. Adeni n’est plus là, mais Sekyiwa tient fermement la barre de la fondation Tupac, refusant de laisser s’éteindre la voix de son frère.

La mère de Tupac Shakur, Adeni Shakur, est décédée en 2016

Tupac Shakur a grandi dans un cercle familial restreint, entouré principalement de sa mère, Adeni, et de sa sœur Sekyiwa. Après la disparition brutale de Tupac en 1996, Adeni a décidé de transformer la douleur en engagement. Elle a fondé la Tupac Amaru Shakur Foundation, avec une priorité claire : offrir aux jeunes un accès aux arts.

Durant deux décennies, elle a veillé sur tout ce qui concernait la mémoire de son fils. Sous sa direction, le documentaire « Tupac Resurrection » a vu le jour en 2003, salué par la critique pour sa justesse et sa force. Adeni n’a pas relâché la pression : elle a continué à sortir la musique inédite de Tupac, à autoriser l’utilisation de son image pour des projets télévisés, cinématographiques ou littéraires, et à défendre bec et ongles ses droits auprès de Death Row et Suge Knight. En 2014, elle a fait monter la vie de Tupac sur scène, à Broadway, avec la comédie musicale « Holler If Ya Hear Me ».

Tupac, de son vivant, ne manquait jamais de rappeler l’influence de sa mère. Il évoquait son activisme, son passage par le Black Panther Party, ses moments sombres et sa capacité à se relever. Même lorsque la relation était secouée, Adeni restait le pilier de son existence, sa première supportrice.

En mai 2016, la presse annonce qu’Adeni a été victime d’un possible arrêt cardiaque chez elle, en Californie. Elle avait 69 ans au moment de son décès.

La sœur de Tupac Shakur, Sekyiwa, a repris le flambeau de la fondation

Entre Tupac et Sekyiwa, le lien était indéfectible. Leur complicité transparaît jusque dans les paroles de « Dear Mama », où Tupac se confie sur leur enfance difficile, l’absence du père et la force de leur mère : « J’ai versé des larmes avec ma petite sœur, au fil des années… Et même si nous avions des papas différents, le même drame… »

Aujourd’hui, Sekyiwa préside la Fondation Tupac Amaru Shakur. Elle a élargi les activités de l’organisation, fidèle aux valeurs transmises par son frère. Ces programmes s’articulent autour de plusieurs axes :

  • accompagnement en santé mentale,
  • soutien aux jeunes,
  • promotion des arts créatifs,
  • aide aux familles confrontées à l’incarcération.

Pour Sekyiwa, le volet santé mentale n’est pas abstrait. En 2019, lors d’un entretien avec KBLA, elle a raconté comment l’assassinat de son frère l’a précipitée dans une crise profonde. Deux ans après ce drame, elle s’est retrouvée hospitalisée, contrainte de repenser l’image que les autres attendaient d’elle : « J’ai compris là-bas que je devais lâcher les attentes extérieures. Ce regard qui pèse sur vous, il faut apprendre à s’en détacher. »

La fondation, basée en Californie, tend la main bien au-delà de l’État. Quiconque a besoin d’aide peut y trouver une écoute.

Sekyiwa porte aussi la flamme du militantisme, à l’image de sa mère et de Tupac. On l’a vue, été 2020, lors des manifestations suivant la mort de George Floyd, prendre la parole face aux caméras, déterminée à dénoncer les violences policières.

La trajectoire de Sekyiwa force le respect. Entre épreuve intime et engagement public, elle prouve qu’il est possible de transformer le poids du deuil en acte de résistance. Le nom Shakur ne s’efface pas : il s’inscrit, jour après jour, dans la lutte et la création. Peut-être est-ce là, la meilleure réponse à l’absence.